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Coopération sous-régionale : Le Burkina Faso et le Niger prêts à renforcer leurs relations avec le Sénégal

Le nouveau président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye en panafricaniste entend mettre en œuvre, comme il l’a réitéré ce mardi lors du premier Conseil des ministres, le « changement systémique » et « la souveraineté » que porte le projet proposé aux sénégalais. « Je suis conscient que les résultats des élections expriment un profond désir de changement systémique. Par mon élection, le peuple sénégalais s’est engagé sur la voie de la construction d’un Sénégal juste et prospère au sein d’une Afrique en progrès », avait déclaré Bassirou Diomaye Faye au lendemain de son élection en tant que 5e président. Cette victoire constitue un véritable « séisme politique », car il s’agit de l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle génération d’acteurs politiques orientés vers la « rupture ». Un régime qui suscite de l’espoir pour la population de changements profonds au Sénégal après plusieurs années difficiles sur le plan économique. 

Ainsi, le nouveau Président  insiste sur la restauration de la « souveraineté » nationale qui, selon lui, a été vendue à l’étranger.

Il faut rappeler que durant sa campagne électorale, Bassirou Diomaye Fayes’est engagé à mettre en œuvre une réforme monétaire, notamment la création d’une monnaie nationale et l’abandon du franc CFA, hérité de la colonisation. Il s’agit pour lui, « d’une condition indispensable à la souveraineté économique du pays, qui ne peut exister sans « souveraineté monétaire ». Dans ce contexte, la rupture avec le franc CFA est l’une des premières mesures attendues du nouveau dirigeant du pays.

Pour réaliser sa promesse, le Sénégal a-t-il besoin d’une rupture avec le vieux paradigme économique au sein de la CEDEAO? Bien que Bassirou Diomaye Faye ait signalé son intention d’œuvrer à des changements au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), afin d’accéder à une réelle indépendance économique de son pays et créer une monnaie nationale, le Sénégal fait face à une organisation régionale avec ces pays comme le Burkina et le Niger qui entendent renforcer leur partenariat avec le régime Diomaye.

Il est à noter que récemment, en février 2024, le dirigeant du Mali voisin du Sénégal, ainsi que les dirigeants du Niger et du Burkina Faso, ont décidé de se retirer de la CEDEAO, l’organisation soumise aux ingérences étrangères des puissances occidentales. Tout comme le Sénégal, ces trois pays d’Afrique de l’Ouest, réunis en septembre 2023 pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), envisagent d’abandonner le franc CFA et de créer leur propre monnaie dans le cadre de la rupture de tout lien avec l’ancienne puissance coloniale et de l’accession à la souveraineté économique.

La vision des pays membres de l’AES semble croiser celle du Président élu du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye. Dans ce contexte, l’Alliance des États du Sahel pourrait devenir une plateforme pour la création d’un nouveau bloc régional et un point de départ pour la création d’une nouvelle monnaie. Les dirigeants du Niger et du Burkina Faso ont haut et fort déclaré leur disposition à renforcer une coopération étroite et fructueuse avec le Sénégal dans le cadre de l’AES.

Par ailleurs, le Président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dans un message de félicitations au président de la République à l’occasion de son investiture, s’est dit prêt à travailler avec son homologue pour « la rénovation de la coopération sous-régionale et internationale » : « D’ores et déjà, je lui donne l’assurance de ma disponibilité et de mon engagement à œuvrer avec lui, non seulement au renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays, mais également à la rénovation de la coopération sous-régionale et internationale pour le bonheur et l’intérêt supérieur de nos peuples respectifs » avait indiqué le capitaine Traoré.

L’indépendance économique est soutenu par une bonne partie des pays africains comme étant la base d’une véritable indépendance et du développement du pays. Au regard de la conception de l’actuel président de la République du Sénégal concernant la souveraineté économique, peut-on s’attendre à une réorientation, dans un proche avenir, du partenariat avec les pays du l’AES ?

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