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Macky Sall: Partira, Partira pas!

Le Président Macky Sall est-il devenu un disciple d’Alassane Ouattara et de Paul Kagamé? Ces deux Présidents qui ont relégué au second plan les questions de liberté, de droit et de démocratie, pour les besoins de la sécurité, de la paix et du développement. Macky Sall semble dire à la société civile, aux journalistes et experts en tous genres, vous êtes libres de protester mais c’est les politiques qui décident. Macky Sall se trompe lourdement s’il pense rester au pouvoir en utilisant la cravache et le bâton.

Pour le rendez-vous présidentiel avorté du 25 février 2024, notre Président semble également dire que nous sommes tous des tordus, corupteurs, corrompus, et qu’il serait alors préférable de tout arrêter. Comme s’il se croyait investi d’une mission divine qui lui donnerait l’ordre de mettre au pas les Sénégalais. Son appel au dialogue qui n’est pas une nouveauté fait déjà jasé et il est mal parti. Même si on ne peut exclure la position de Andu Nawle qui pense que le dialogue en vue ne peut en aucun cas être un dialogue comme les autres, au regard des circonstances exceptionnelles, …des singularités du contexte et de la nature des questions en jeu. Mais acceptons que c’est la posture politique du Président Macky Sall qui pose problème. Il manoeuvre et n’inspire pas confiance. En plus de son pouvoir démesuré et de sa majorité à l’Assemblée nationale qui est prête à se plier à ses humeurs et caprices. Et en démocratie c’est la loi du nombre ou si on veut le diktat de la majorité. Même si la majorité n’a pas toujours raison! Macky Sall est un spécialiste du dilatoire et de la ruse politique. Il gagne du temps, en fait perdre à ses adversaires et place ses pions. Plus fûté que son maître Abdoulaye Wade qui clignote à droite pour tourner à gauche, Macky Sall fait semblant d’arrêter avant de foncer tout droit vers son objectif. Son jeu est loin d’être clair et il peut dérouter tout le monde. Et les actes qu’il pose ne donnent aucune garantie sur la véracité de ses propos.
Le discours hors-champ du Président Macky Sall, le samedi 3 février 2024 renvoie à un renouvellement de l’acte 1 de son discours d’investiture comme Président de la République du Sénégal en 2012 et qui a été renouvelé en 2019. Qu’on le veuille ou non Macky Sall est en train de dérouler son agenda politique! Il a sa stratégie et ses objectifs, et d’ici la date indiquée le 15 décembre 2024, et qui est pour le moment provisoire, il va apprécier les réalités du terrain, pour voir si les rapports de force sont en sa faveur. Qui disait que la politique c’est l’analyse concrète de la situation concrète?

Les supputations vont bon train sur son coup d’Etat institutionnel, mais les choses ne semblent pas aussi simples que certains le pensent. L’heure est grave et la situation est confuse. Et personne ne sait ce que compte faire le Président Macky Sall. Reste-il à Macky Sall de foncer tout droit vers son objectif et à ses risques et périls? Et c’est comme cela que naissent les tyrans. Oubien faut-il impérativement aller dialoguer avec lui? En tout cas ceux qui étaient partis le voir, pour lui dire indirectement de reporter cette élection, lui avaient rendu un grand service, comme ceux qui pensent qu’il doit démissionner le 2 avril 2024 ignorent, qu’on peut installer le pays dans une aventure politique dont on ne maîtrise pas les tenants et les aboutissants. Macky Sall est sur plusieurs registres et l’hypothèse de sa candidature n’est pas totalement exclue. Et le scénario pourra passer par une grande messe politique qui va l’investir comme le candidat de la mouvance présidentielle. Et il dira je voulais partir, j’ai été choisi par ma coalition et j’ai accepté volontiers cette marque de confiance. Et cette décision sera totalement en phase avec l’élection libre, transparente et inclusive qu’il compte organiser, et qui n’exclut à priori personne. Je dis bien personne! Macky Sall sait pertinemment qu’avec son acte de report il risque de sortir du Palais par la petite porte. Alors ne suivons pas Macky Sall dans ses délires pouvoiristes. Allons dialoguer pour le mettre au dos du mur et pour sauver le Sénégal. En lui disant très clairement et dès le départ, à travers ce dialogue qui sera sous la haute surveillance des politiques, de la société civile, des religieux, des syndicats, des rappeurs ou autres groupes socioprofessionnels, qu’il faut que l’on aille dare-dare aux élections et qu’il ne sera pas candidat.

Macky Sall est imprévisible, et tout est encore possible avec lui, tant qu’il restera à la tête de l’Etat du Sénégal.

Babacar Papis Samba- Auteur et Adepte de la pensée complexe.

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