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Tourisme et pêche : La Petite-Côte nourrit l’espoir de retrouver son économie sous l’impulsion du nouveau gouvernement

L’arrivée d’un nouveau gouvernement avec à sa tête le président Bassirou Diomaye  Diakhar Faye et son premier Ministre Ousmane Sonko cristallise tous les espoirs. Les acteurs de la pêche et du secteur touristique de Mbour entrevoient l’aube d’un nouveau jour. Rien ne doit contrarier le retour aux périodes fastes de la pêche et du tourisme. Aujourd’hui, les mamelles de l’économie sont en eaux troubles. Il y a quelques semaines, à Mbour où l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Faye avait tenu son méga-meeting, il avait promis de tirer vers le haut ses deux activités, sève nourricière des milliers de personnes dans cette zone.
 
Cette promesse tombe à pic. Car la pêche est dans une zone d’incertitudes. C’est le constat fait par  Gaoussou Guèye, président de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche maritime au Sénégal (Aprapam).
 
« Le secteur est en crise. Le premier problème est de régler cette crise. Il y a une crise sociale, économique, au niveau de la ressource, des concertations c’est dû à un clientélisme », diagnostique-t-il. Gaoussou Guèye adhère à cette politique. Mais faudrait-il que les autorités s’entourent de bonnes personnes pour sauver la pêche.
 
« Maintenant, il faut les mettre en œuvre. Comment les mettre en œuvre ? Avec qui les mettre en œuvre ? Il ne s’agit pas de nommer un ministre. Quelles que soient ses compétences, sa connaissance du secteur, il faut qu’il s’entoure de personnes intègres et capables de mettre en œuvre leur programme », prodigue Gaoussou Guèye.
 
Il relève, tout de même, des aspects qui sont en déphasage avec ce que veulent les communautés des pêcheurs-artisans. « Ils disent qu’ils vont développer une aquaculture en se basant sur des industries qu’ils vont implanter pour l’aliment. Et si c’est un aliment qui va être basé sur la farine de poisson, ce n’est pas en cohérence avec ce que nous voulons. Ils disent qu’ils vont développer des plans d’aménagement. Il faut au préalable faire une recherche. Aujourd’hui, quel est l’état actuel de nos ressources au Sénégal ? Avant de s’attaquer à quoi que ce soit à mon avis, il faut d’abord connaître l’état de notre stock halieutique pour pouvoir définir et mettre en œuvre des politiques de pêche », a déduit cet acteur.  
La souveraineté alimentaire projetée par les nouvelles autorités doit tenir compte de la prise en charge des besoins en poissons des communautés. Sans quoi, il n’y aurait pas d’inclusion. Ces usines de farine de poisson pèsent sur la durabilité des ressources halieutiques dans les eaux sénégalaises.
 
« On ne peut pas dire qu’on veut aller vers une souveraineté alimentaire en se basant sur le poisson en développant des usines de farine de poisson. Les Sénégalais, les plus démunis, n’auront pas accès à ce poisson. Et ce poisson qui est utilisé pour la farine de poisson, c’est la sardinelle qui est le poisson le plus disponible pour les populations les plus démunies », a informé Gaoussou Guèye.
 
Il a invité le nouveau ministre à ne pas verser dans le clientélisme politique et travailler avec les organisations conformément aux ruptures prônées par les nouvelles autorités.
« Comme ils ont parlé de rupture, il faut aller dans le sens de ne pas verser dans le clientélisme politique. Au sein de l’administration, il y a des hommes intègres et travailleurs qui sont d’une probité morale extraordinaire. Il faut les choisir sur la base de compétences et non sur la base de politique. C’est ce qui s’est toujours passé et qui a toujours amené des problèmes dans le secteur. Prioriser les actions et donner des échéanciers pour qu’on puisse le faire. A part le problème de la farine de poisson, nous sommes en phase avec tout le reste » clarifie Gaoussou Guèye.
 
  Les menaces
Il a dressé la liste des menaces. Il a cité les sociétés mixtes qui constituent un handicap majeur, les accords de pêche. Ces problèmes sont connus par l’actuel ministre et aussi l’actuel chef de l’Etat.
 
« Il me semble aussi que dans le discours de son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye du 3 avril, il a parlé de cette question. On ne peut pas utiliser le pavillon sénégalais comme on veut. Il y a des Sénégalais qui disent qu’ils ont obtenu 51% d’une société et qu’en réalité cette société ne leur appartient pas. Il faut essayer de voir comment faire un audit du pavillon qu’ils ont d’ailleurs proposé eux-mêmes.  L’audit du pavillon nous permettra de savoir quels sont les navires qui opèrent au Sénégal ? Et quels sont les vrais propriétaires de ces navires ? Comment sont-ils venus au Sénégal ? a analysé cet acteur. Au passage, il rappelle que l’accord de pêche liant le Sénégal et l’Union Européenne ( Accord Thonier) prend fin en novembre 2024.  
 
 L’accord avec la Mauritanie, la Guinée Bissau, il y a des clauses de transparence. « Maintenant au moment des négociations, il faudrait qu’il y ait cette transparence dans la signature des accords », estime le président de Aprapam.
 
Aux organisations professionnelles, il les invite à être des organisations fortes, crédibles et capables de donner des propositions et des solutions et ne pas verser dans une dynamique de contestation.
 
Des attentes des acteurs du tourisme
Dans le milieu du tourisme, les acteurs sont prêts à apporter leur pierre à la reconstruction des fondements du secteur. Ils n’attendent que la feuille de route des nouvelles autorités pour agir. Toutefois, ils comptent sur la relance du comité de crédit et tous les organes délibératifs.
 
 « Nous souhaiterions que la zone d’aménagement touristique de Pointe Sarène soit élargie. Nous demandons aussi la requalification de la station de Saly. Nous souhaitons surtout que l’Etat accompagne les nationaux pour qu’ils trouvent de bons investissements afin qu’ils puissent être des entrepreneurs touristiques au lieu d’attendre à chaque fois que les européens viennent le faire », propose Boly Guèye, président de la Chaîne de Valeur Tourisme.
 
En plus de la facilitation de l’accès aux crédits, il y a l’augmentation des subventions octroyées par la Société d’Aménagement de Promotion des Côtes et des Zones Touristiques ( Sapco) et l’Agence sénégalaise de la promotion  touristique (ASPT).
 
« Mais également essayer d’augmenter les subventions attribuées par la Sapco et l’Apst pour l’aspect promotionnel et animation. À Foundiougne, les acteurs ont besoin d’aide. Le tourisme a été développé à Toubacouta grâce aux étrangers. Peu de Sénégalais ont investi là-bas. À Foundiougne, des structures sont fermées », a abordé Boly Guèye. L’essor de cette activité à Saly est aussi supporté par des étrangers. Il regrette la fermeture du Club Aldiana, le domaine de Nianing, l’Espadon, le Teranga Hôtel, Savana hôtel, dans le domaine de Saly.
 
« L’Etat devrait faire des réquisitions pour créer des emplois. Si les propriétaires n’ont pas les moyens de le faire, l’Etat a le devoir parce que le tourisme n’est pas une compétence transférée, mais c’est une compétence étatique », évoque Boly Guèye.
 
L’autorité a le plein pouvoir de réquisitionner ces structures hôtelières et de voir par quels moyens et mécanismes, il va payer ces gens et reprendre toute cette chaîne au nom et pour le compte de l’État comme cela a été fait pour le King Fahd Palace.

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